Les ajustements nécessaires des politiques dans le camp conservateur à la suite des défections des électeurs dans les États républicains ont été trop inefficaces. Au contraire, les ruptures se multiplient entre ces différents courants, de nouveaux alliés se formant (comme la reconquête des électeurs hispanophones par les conservateurs ou les commerciales xml, est-ce bien ce que vous espérez si l’on suit cette logique). Il s’agit de nouvelles promesses qui demeurent encore invérifiables. En effet, si la “guerre psychologique” (Eduardo Neret, 2021) menée par les démocrates contre Donald Trump est d’un implacable cynisme, tout ce qu’il fait reproduire avec obstination son image perdante n’est pas de nature à le fasciner. Si par la seule fin des promesses “occidentales” de la nouvelle guerre froide il prévoit un impact majeur sur le système de santé du pays (l’État Machine) plus du poids des relations économiques qui se réorientent déjà sur le modèle de la guerre économique “survivante”, alors n’est-ce pas le secteur économique stratégique de sécurité nationale qui est pourtant relancé avec Biden pour sauver le secteur productif et abroger par là l’image de perdant du 7-O19 des Etats-Unis !
Le Parti Républicain face au vent du rejet électoral
Les faits sont là, têtus et objectifs, et, si l’on pouvait penser que le Président des États-Unis en serait, pour cette fois, à l’abri des Élections, c’est une tout autre réalité qui s’impose. La crise (au sens fort du mot, pas seulement dans la critique) du Part Républicain s’est instantanément révélée dans la précédente consultation, d’une élection d’un représentant (député) dans le Tennessee, perdue d’un souffle (environ 10 %), alors qu’un siège à l’Assemblée, traditionnellement tenu par les républicains avec des marges supérieure à 20 %, avait jusqu’alors servi d’écrin à la course présidentielle. Et ce n’est pas le mois dernier ! En effet, c’est le cas avec les Gouverneurs systématiquement battus dans des scrutins qui avaient déjà servi de cadre à la lutte d’influence et de légitimité entre les tenants du Parti et l’entourage d’un Donald Trump trop largement attendu à l’arrivée, dans le New Jersey, au Virginia… Mais même Donald Trump, dont l’impact est frappant à New York, et qui a plusieurs fois soutenu des binômes d’Adams puis de Cuomo, finit par laisser échouer son appui à la dernière élection contre Zohran Mamdani qui l’emporte à Richmond. Les résultats successifs et globaux ici sont clairs et insistent à souligner ce rejet de la personne de Donald Trump et de ses politiques ; une opinion, tout au moins pour l’instant, n’aura jamais suffi aux électeurs, qui le rappellent maintenant à une Popularité des plus inaperçues (soit 38 % d’opinions favorables).
La trahison de l’idéal : l’extrême-droite accuse Trump de « corruption criminelle »
Il ne s’agit pas seulement de la lutte. Le second mandat de Donald Trump ressemble à un vaisseau amiral qui prend l’eau, même du côté de ses anciens soutiens, comme l’influenceur d’extrême-droite Nick Fuentes, venu en 2022 dîner à Mar-a-Lago pour aider à sa réélection, qui s’inquiète : « Trump est plus impopulaire que jamais. Ses indices de Popularité sont aux abois. C’est un moule complet… ce gouvernement s’est enrichi dans les comptes. On est à des niveaux criminels de corruption. Ils retirent notre pays. » Les dix premiers mois, bruyants et féroces, de cette administration ont été consacrés à des cibles multiples à travers la minorité, les immigrés, les Afro-Américains (avec l’abandon des politiques pro-discrimination), les minorités de sexe et de genre, les femmes en politique d’anti-avortement agressif, qui semblent avoir été coûteux au Parti Républicain autant que sa base.
Le verdict implacable de Paul Krugman : un électorat « perdu à jamais »

Les différents signaux d’alerte croisés incitent à des analyses de plus en plus pessimistes pour le GOP. Le Prix Nobel d’Économie 2008, Paul Krugman, a formulé un rappel sans ambages : « Ce ne sera pas un simple revirement : les Républicains avaient l’occasion d’en conquérir un nouveau mais ont perdu ce nouvel électorat en cédant au racisme violent étalé de Trump, et il ne reviendra peut-être jamais. » Sa démonstration fait appel à un exemple historique : le vote juif, traditionnellement et massivement démocrate, garde la mémoire de l’antisémitisme d’extrême-droite. Pour l’économiste, le tournant que prend le Parti Républicain sous Donald Trump crée une cicatrice persistante pour certains électorats dont le retour à un vote conservateur pourra s’avérer tout à fait improbable.
Vague Bleue en 2026 : l’inquiétude grandit chez les élus du GOP
Le pessimisme des analystes, et le déclin de la Politique, suscite une peur tangible chez les élus, la lèpre de la peur de la vague bleue (terme désignant une majorité démocrate) touche également le Parti républicain en ce qui concerne les Élections de mi-mandat de novembre 2026 qui renouvelleront la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Si Donald Trump semble avoir fait le choix d’un approfondissement radical de son programme politique, il ne reste qu’un peu moins d’un an avant que cela ne puisse s’avérer pertinent. Il n’a que onze petits mois pour éviter que les malheurs électoraux récents ne se muent en déroute historique. Pour le GOP, le choix se pose aujourd’hui en ces termes : s’écarter à temps de son leader pour sauver les sièges ou bien plonger ensemble dans la grande crise de popularité.
Le Parti Républicain (GOP) est engagé dans un processus de reconduction face à la baisse de popularité de Donald Trump et au mini-ratage des élections de mi-mandat. Au prisme du calamitieux résultat aux urnes qu’évoque l’expertise des observateurs, le GOP se donne en tout and pour ne pas répéter la foudroyante élection de 2026 devant les électeurs en dehors des clivages de leur famille politique. Le défi est manifeste : se remobiliser pour séduire les modérés ou se cantonner à l’exercice face à une impétrante figure qui déchaîne des tensions qui paralysent son élection.