L’épidémie de Mpox s’intensifie dans le sud-ouest de l’Océan Indien. Partie de Madagascar, elle touche désormais La Réunion, Mayotte et les Comores. Entre mobilisations internationales et systèmes de santé sous pression, la région tente de contenir la propagation du virus par l’isolement des cas et l’attente cruciale de campagnes de vaccination ciblées pour protéger les populations les plus vulnérables.
Madagascar : L’épicentre d’une crise sous perfusion internationale
Madagascar demeure le foyer principal de cette flambée épidémique. Bien que les premiers foyers aient été identifiés à Majunga, le virus circule désormais activement dans plusieurs régions de la Grande Île. La transmission, facilitée par les contacts étroits et le partage d’objets contaminés, met à rude épreuve un système de santé déjà fragilisé par des mouvements sociaux, notamment la grève des internes en médecine.
Face à l’urgence, la solidarité internationale s’organise. Les États-Unis ont débloqué une aide d’urgence de 450 000 dollars, tandis que la France déploie l’expertise de la Croix-Rouge française pour appuyer la réponse sanitaire au sol. L’enjeu est de taille : limiter la densité virale dans les zones urbaines pour freiner l’exportation du virus vers les îles sœurs. Le défi reste logistique, la surveillance des ports et aéroports étant complexe sur un territoire aussi vaste.
La Réunion et Mayotte : L’alerte aux cas importés

Les départements français de l’Océan Indien sont désormais en état de veille sanitaire renforcée. Après un premier signalement à Mayotte début janvier, c’est l’île de La Réunion qui a confirmé, ce vendredi 23 janvier 2026, un premier cas importé de Madagascar. L’Agence Régionale de Santé (ARS) a immédiatement activé les protocoles de traçage et d’isolement pour éviter l’émergence de clusters locaux.
La stratégie française repose sur une vigilance accrue aux points d’entrée et une communication transparente vers les voyageurs. Les autorités appellent à une déclaration immédiate du moindre symptôme suspect (lésions cutanées, fièvre). L’objectif est d’empêcher que le Mpox ne s’installe de manière endémique sur ces territoires, ce qui compliquerait davantage la situation sanitaire régionale déjà marquée par d’autres pathologies tropicales.
Les Comores : Riposte active et stratégie vaccinale
Aux Comores, la détection de quatre cas chez des passagers en provenance de Madagascar a déclenché le passage en phase de riposte officielle. Le Centre hospitalier de Samba Nkuni, habitué aux crises depuis le Covid-19, centralise la prise en charge. Si la majorité des patients actuels présentent une évolution clinique favorable, les autorités ne relâchent pas leur vigilance, surveillant étroitement les cercles familiaux et désinfectant les foyers identifiés.
Le pays a franchi une étape clé grâce à l’acquisition de réactifs sud-coréens, permettant enfin un diagnostic local rapide. La priorité absolue du gouvernement comorien est désormais le lancement de la vaccination. Les doses sont attendues pour protéger en priorité les agents de santé, le personnel aéroportuaire et les personnes immunodéprimées. Cette course contre la montre est essentielle pour stabiliser l’archipel avant une éventuelle saturation hospitalière.
La propagation du Mpox dans l’Océan Indien exige une coordination régionale sans faille. Si Madagascar tente de contenir le foyer originel avec l’appui de partenaires, les îles voisines comme les Comores et La Réunion se préparent au pire en renforçant leurs diagnostics et leurs stocks vaccinaux. La réactivité des systèmes de surveillance sera l’élément déterminant pour éviter une crise sanitaire majeure.