Les relations entre la France et l’Afrique subsaharienne subissent un profond renouvellement. La fin des présences militaires de la France et le rejet croissant de son influence marquent un tournant majeur. Elle doit se reconsidérer dans un contexte mondial rénové, pour construire une relation plus équilibrée, mutuellement respectueuse de l’aspiration africaine, et plus appropriée aux enjeux contemporains.
La cessation de l’opération militaire française : rupture et conséquences

La fin de l’opération militaire « Barkhane » en novembre 2022 représente un moment de rupture pour la France en Afrique. Présente depuis près de huit ans dans la lutte antiterroriste au Sahel, l’opération était l’un des piliers de l’engagement militaire français sur le continent. Pourtant, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, mais aussi le Sénégal et le Tchad, ont demandé la cessation de la présence des soldats français. Ce rejet repose sur des critiques profondes concernant le rôle de la France, perçue comme une puissance paternaliste qui impose sa présence sans respecter pleinement la souveraineté locale. L’évacuation fin janvier 2025 des forces françaises présentes au Tchad témoigne de la gravité de cette rupture. Elle compromet la posture stratégique de Paris, qui perd ses bases et sa capacité d’intervention rapide dans une partie toujours fragile du continent. La remise en cause d’une présence militaire doit amener la France à repenser son engagement dans l’espace sécuritaire, en déléguant davantage aux acteurs africains eux-mêmes, tout en modifiant la nature de ses relations diplomatiques vers un partenariat plus équilibré.
La remise en cause d’un partenariat historique

Le retour à un partenariat de respect et de confiance à l’initiative du président français ne peut cependant que susciter le scepticisme. Au premier chef parmi les majorités au pouvoir, partisans d’un discours anti-Français et déstabilisateur, les informations d’une enquête d’opinion conduite respectivement dans six pays africains dans les murs du CEVIPOFF et leurs ressortissants de 10-15 % de la population pour chaque pays au cours de l’automne 20231 nous indiquent que les acteurs précités élèvent haut et fort le degré d’exigence avec leur ancien partenaire historique refusé et décrié, c’est-à-dire la France, lui préférant visiblement des puissances « nouvelles » jugées machinistes, pour ne pas dire rivulaires, comme la puissance militaire ou la Chine économique. 2.3 L’élévation des préoccupations dans les relations internationales par l’impact du virus du monde314 noté dans le texte d’Henri VI1 dans le dernier degré de notre siècle et la quantification de leurs actions « régionales » par les chefs politiques du camping à une contrainte de partenariat pyramidal sombraient, au dire de l’histo-culturel boum-boom. Le terme montre clairement la montée croissante des préoccupations présentes à la fois sur le plan patriotique et celui de la dignité en cours dans la précarité des relations internationales, comme se doit de l’être tout partenaire comme les États-Unis d’Amérique.
Avancement de la concurrence internationale et du renouvellement des stratégies

Apparue dans le cadre d’un contexte géopolitique global modifié, la redéfinition des relations franco-africaines se construit justement face à une série de puissants concurrents économiques et diplomatiques de la France, la Chine, la Russie et les États-Unis venant remettre en cause la prééminence traditionnelle française. L’essor économique de la Chine dans le continent africain a pris son essor au début des années 2000 où elle n’a cessé d’augmenter ses investissements notamment dans les infrastructures et les projets de développement. Dès 2023, la Chine détiendra 18 % des parts de marché à l’export réservées à l’Afrique subsaharienne où la France n’en détiendra plus que 6 %. Ce recul commercial figurait bien comme emblématique de la perte du statut traditionnel de premier partenaire officiel de la France. Dès lors, Paris tente de réorienter sa stratégie diplomatique vers les pays anglophones à travers un renforcement en volume et en qualité de son réseau diplomatique, culturel et financier, plaidant tout particulièrement pour le Nigeria et l’Afrique du Sud. Mais, au Nigeria, le statut des liens historiques privilégiés de la France a encore été renforcé au regard des liens politiques, économiques, ainsi qu’au niveau de sa diaspora. Au-delà de ces considérations, le franc CFA, monnaie d’échange dans quatorze États africains, demeure un levier tout à fait symbole du pouvoir français, levier qui pourtant se heurte parfois aux critiques sur les relents coloniaux qu’il présente encore dans certains esprits. Cette concurrence sur le plan international oblige encore la France à formuler des stratégies diplomatiques adaptées à la souplesse et à l’ouverture de ses partenaires.
La France et l’Afrique doivent redéfinir leur relation face aux évolutions politiques, sécuritaires et économiques. Le retrait militaire français et la montée des concurrents internationaux imposent à Paris un repositionnement stratégique. Pour réussir, la France doit bâtir un partenariat fondé sur l’égalité, le respect mutuel et l’écoute des aspirations africaines, tourné vers un avenir commun.